Dans un contexte de transition écologique et de pression sur les ressources naturelles, les réglementations françaises et européennes se sont renforcées ces dernières années pour encourager le recours au réemploi-réutilisation et à la réparation.
La collectivité trouvera divers bénéfices dans la mise en application de ces thématiques. Son rôle est aussi de favoriser les actions de réemploi et de réparation sur son territoire, pour les particuliers et les professionnels comme pour elle-même, en étant exemplaire sur ses propres activités.
Réemploi, réutilisation et réparation : des leviers de développement territorial
Le réemploi, la réutilisation et la réparation s’inscrivent dans le cadre de démarches de prévention des déchets et d’une consommation plus responsable. L'idée est de contribuer au prolongement de la durée de vie et d’usage des produits. Réemploi et réutilisation, qui peuvent être confondus dans le langage courant, se distinguent dans la réglementation française par le passage, ou non, du bien en fin de vie par le statut de déchet. Ainsi, les activités de réemploi concernent les biens avant l’acquisition du statut de déchet, pour un usage identique. La réutilisation intervient après le statut de déchet et nécessite un travail de remise en état des biens.
Les bénéfices multiples du réemploi-réutilisation et de la réparation
Donner une seconde vie aux produits (en les réemployant, les réutilisant ou les réparant) génère de multiples bénéfices directs et indirects pour la collectivité et ses citoyens :
- Des impacts économiques : via la réduction des coûts associés à la gestion des déchets, la création de nouvelles activités génératrices de valeur, l’achat de biens d’occasion moins onéreux, les coûts évités d’un achat neuf ou les coûts amortis sur un temps plus long par l’allongement de la durée d’usage…
- Des impacts environnementaux : grâce à la diminution des volumes de déchets, la réduction du gaspillage et la rationalisation des achats publics et privés, la limitation de la consommation de ressources et des émissions de gaz à effet de serre ramenés à l’échelle territoriale…
- Des impacts sociaux : en permettant la création et la préservation d’emplois locaux et non-délocalisables et potentiellement d’insertion pour collecter, remettre en état, revendre ou réparer les objets, en favorisant l’accès à des biens d’occasion moins chers pour les citoyens.
Comment la collectivité peut-elle concrètement s’impliquer
Pour encourager ces pratiques sur son territoire, la collectivité peut s’impliquer à plusieurs niveaux :
- En étant exemplaire, par des pratiques de consommation et d’achat de seconde main (dont certaines sont réglementaires) et en faisant appel aux acteurs locaux.
- En participant à la sensibilisation du grand public et des professionnels, en relayant ou en créant des outils, événements et campagnes de communication.
- En facilitant l’installation et le fonctionnement des activités locales pour la seconde vie des produits et la réparation : aide et compétence méthodologique, soutien technique et/ou financier et/ou logistique sur des sujets comme le foncier et les locaux, l’accès aux gisements de produits et la reprise en déchèterie…
- En s’engageant elle-même dans un projet pour le territoire, en propre ou en délégation.
En savoir plus sur le réemploi, la réutilisation et la réparation, les ressources et les aides financières associées.
Découvrir
Ressources recommandées pour la mise en œuvre des activités de réemploi-réutilisation
Ce document permet d’accéder à un panel non exhaustif de retours d’expérience des collectivités en proposant une description des approches mises en place et une sélection de fiches action-résultat rendant compte de la diversité des actions menées.
Ce guide réalisé par Amorce avec le soutien de l’ADEME a pour but de mettre en lumière les enjeux du réemploi et de la réutilisation sur les territoires et les nouvelles obligations imposées aux collectivités. On y trouve également les montages juridiques disponibles pour les collectivités pour développer des partenariats avec les entreprises de l’économie sociale et solidaire.
Ressources recommandées pour développer la réparation dans les territoires
- Guide Réparation - Comment accélérer le passage à l’action ? (ADEME, Réseau A3P, 2022 – PDF 5,84 MB)
Depuis 2009, des collectivités soutenues par l'ADEME se sont engagées dans des plans et programmes locaux de prévention des déchets, puis dans des programmes Territoire zéro déchet, zéro gaspillage. Elles partagent leurs retours d'expérience au sein du réseau A3P. Ce document présente un panel (non exhaustif) d'actions et de projets autour de la réparation et propose une description des approches mises en place par les collectivités et leurs partenaires. Une sélection de retours d'expérience concrets rend compte de la diversité des actions menées sur les territoires.
Retours d’expérience
Le Comptoir du Réemploi et du Recyclage
Dans le cadre de sa politique de réduction des déchets, Orléans Métropole a souhaité développer un nouvel équipement permettant d’incarner la hiérarchie des modes de traitement. Le Comptoir du Réemploi et du Recyclage a ouvert ses portes en février 2023 sur la commune de Saint-Pryvé-Saint-Mesmin.
Accéder au retour d'expérience sur La Librairie ADEMERetour d’expérience sur l’accompagnement des achats publics en réemploi
En anticipation de la Loi AGEC du 9 mars 2021, l'Eurométropole de Strasbourg s'est engagée dans des achats en réemploi dans deux domaines : le mobilier et l'électroménager.
Accéder au retour d'expérience sur La Librairie ADEME
Questions et Réponses
Oui, la Loi relative à la lutte contre le gaspillage et l’économie circulaire (Agec) requiert de la commande publique qu’elle intègre, notamment, une clause de cahier des charges pour privilégier le recours au réemploi, des objectifs en matière de biens acquis (Art.55 et Art.58) ou l’accès des associations aux déchèteries comme lieu de récupération pour les objets en bon état ou réparables (Art.57).
De plus, la loi visant à réduire l’empreinte environnementale du numérique en France (dite loi REEN) requiert que les collectivités établissent une stratégie numérique responsable (Art. 35), dans laquelle le réemploi, la réutilisation et la réparation ont leur place et qu’elles prennent en compte l'indice de durabilité / réparabilité, lors de l'achat public de produits numériques (complétant l’Art.55 de la loi AGEC).
Le terme « recyclerie » est employé de façon générique pour décrire une structure ayant pour vocation de récupérer, valoriser et/ou réparer des produits d’occasion ou usagés en vue de leur revente. Une recyclerie peut également assurer des missions d’animation et de sensibilisation à l’environnement. Le terme « Ressourcerie » est une marque déposée par le Réseau des Ressourceries et à laquelle les structures qui le souhaitent adhèrent. Les recycleries et les ressourceries partagent les mêmes philosophies et objectifs d’économie circulaire et de préservation des ressources.